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Jérémie , 27 ans LNH , Région parisienne
le 25/03/2016

Bonjour à tous. Je m'appelle Jérémie, j'ai 27 ans, et je viens de finir mon traitement chimiotherapeutique pour un Lymphome non-hodgkinien. 6 cures en environ 5 mois. Bon... Tout part d'un ganglion. Un matin, en me rasant, je remarque que le ganglion gauche de ma gorge a grossi. Il est même assez balèze. Je passe outre, n'y portant pas vraiment attention plus que ça... Une ou deux semaines plus tard, je le remarque a nouveau en me rasant... seulement cette fois, une légère douleur l'accompagne, du moins une gène. J'en parle à ma mère ainsi qu'à ma sœur et mon beau-frère qui me rassurent. En effet, il est courant que les ganglions grossissent lorsque le corps se défend contre une attaque (bactérie ou un truc dans le genre...). Cependant, après quelques jours, mon ganglion ne dégrossissant pas, je vais consulter mon médecin traitant, qui me suit depuis des années et qui me connait sur le bout des doigts (oui j'ai une tendance hypocondriaque en ce qui concerne mon cœur et j'ai des problèmes gastriques, bref....). Le 'Doc' (c'est comme ca que je l'appelle), après m'avoir ausculté, semble perplexe. Et inquiet. Préférant que l'on soit 'cash' avec moi, je lui demande d’être franc du collier et de me balancer ce qu'il pense. Sans vouloir m’inquiéter, il prétend y voir une multitude d'explications. Une maladie infectieuse, plus ou moins grave, voir même, éventuellement, rien du tout. Mais dans le lot de ces éventualités se trouve un cancer du système lymphatique, le lymphome. Je deviens blanc (normal...). Il me dit: 'Je préfère que tu vérifies et que tu viennes m'engueuler après si ce n'est pas le cas...'. Il m'explique qu'en tant qu’étudiant interne, il avait travaillé avec des gens victimes de cette maladie (de tout age) et que ça l'avait beaucoup affecté. Je passe un IRM, les résultats, n’étant pas probants, appellent d'autres examens. Le médecin sur place ne se montrent pas forcement rassurant. Je ne réalise pas trop ce qu'il m'arrive. Le 'Doc' me prend rendez vous avec un chirurgien pour faire une biopsie: prélever mon ganglion et l'analyser. L’opération se passe difficilement dans ma tête. Un mauvais pressentiment. Les résultats sont dus quelques semaines plus tard. Je ne pourrais dire pourquoi, je ne le sens pas, mais alors pas du tout. Pourtant, il reste un espoir que tout çà ne soit qu'une frayeur sans conséquence. Ma sœur se marie. Mariage génial, on rit beaucoup, une ambiance fantastique. J'y croise le 'Doc', invité pour la cérémonie, qui a l’œil inquiet. Je ne veux pas y penser. Je suis étonnamment super joyeux. Je fais la fête. Quelques semaines plus tard, dans le bureau de mon chirurgien. Il me dit que 'Oui, c'est une tumeur. Oui, un cancer'. Je souffle. Je regarde ma mère, blanche. Je lui demande si je vais mourir. Il reste un temps sans rien dire, puis 'Je ne peux malheureusement pas vous répondre. Les tests médicaux nous le diront. Mais rassurez vous, de nos jours, ça se soigne très bien.' Je me marre (je fais tout le temps ça, c'est nerveux.). Bon, je suis enfin fixé. En sortant, ma mère, qui ne me lâche pas depuis le début, craque. Elle pleure en me disant que ce n'est pas juste. Je lui répond que la vie ne l'est jamais. Et a partir de ce moment la, d'une façon spontanée, je me met en mode 'guerrier'. Je pense a voix haute dans la voiture. 'Rien a foutre. Je vais pas crever. Je vais lui faire sa fete a ce cancer. Il va regretter le jour ou il a mit les pieds dans mon corps. Hors de question de laisser cette saloperie me tuer. Hors de question. Je ferai tout ce qu'il a faire, endurerai tout ce qu'il faut endurer et a la fin, c'est moi qui aurait le dernier mot.' Je suis abasourdi mais remonté a bloc. J'ai un soutien extraordinaire, ma mère, ma sœur et son mari, mes amis (même si en Angleterre). Tous se mettent au diapason de mon état d'esprit. Je passe un mois dans la peur mais prêt a affronter. Je fais tous les tests: multiples prises de sang, scanners, PET Scan (l'idée d’être radioactif me faisait franchement marrer), on me place le cathéter en même temps que le prélèvement osseux. Je décide d’être traité a l'Institut Gustave Roussi a Villejuif. Tant qu'à faire, autant être soigné dans ce qui se fait de mieux en matière de cancérologie. Quelques temps plus tard, dans le bureau de mon chimiothérapeute. Je me sens plutôt bien. Je suis prêt. Il m'annonce que mon cancer n'est qu' a un stade 1 et situé seulement du coté gauche de la gorge. Il me dit que mon cancer sera très bien traité et m'assure que je vais m'en sortir. En sortant de l'IGR, je fais des sauts de cabris. Je respire l'air. Je ris. Je serre ma mère en l'embrassant. Commence la chimio. J'avais les cheveux longs et une barbe. Je me rase la tête. Ma barbe tombe (drôle d'effet). Moralement, il faut accuser le coup, j'avoue. Le traitement est lourd mais ca va. On s'habitue et puis surtout, on a pas le choix. On est tout le temps fatigué, on dort mal, on a la nausée, on vomit de temps en temps, on ne supporte plus certaines odeurs, on doit porter un masque dans le métro, etc etc... Mais le plus dur pour moi, c’était les deux jours post-chimio. On se sent juste mal... et chimique, on est jaune avec les yeux rouges (je ressemblait a une sorte d'Homer Simpson anorexique héhéhé). Mais on encaisse. Maintenant, je vais vous avouer quelque chose. Je m'estime chanceux. Extrêmement chanceux. Un des cancéreux les plus chanceux. Ce cancer est la meilleure chose qui me soit jamais arrivé. Non seulement, ca ma 'dé-chochotte-isé', mais ca rendu beaucoup plus fort mentalement. Ça m'a donné une sacrée leçon: il faut se battre. Il faut encaisser. Martin Luther King disait que c'est dans ce genre de situations que l'on mesure la valeur d'un homme (ou d'une femme), pas dans les moments de confort. Cette expérience m'a aussi fait prendre conscience de ma propre mortalité, mais aussi fait prendre du recul par rapport à elle. Il faut être digne, la tete haute, fier mais humble. La vie peut etre dure, injuste et cruelle, mais elle vaut le coup d’être vécue et c'est une chance de pouvoir la vivre. Juste être vivant. Ca ne sert a rien de se plaindre et de maudire son malheur et sa malchance. La vie est courte (et peut être radicalement raccourcie) et nous n'en avons qu'une seule. J'ai eu la chance de vivre une expérience qui m'a ouvert les yeux et de pouvoir profiter de cette prise de conscience autant que la vie me le permettra. J'ai vécu mon cancer comme une initiation, un gigantesque coup de pied au cul. J'ai de la chance, beaucoup de chance, d’être vivant. Et ma vie est confortable, agréable. Certains n'ont pas cette chance... Aujourd'hui, j'ai faim de vie. A vous tous, qui vivez, qui ont vécu ou qui allez vivre ce que je vis, je veux seulement vous dire: battez vous. Vous en sortirez grandis, plus fort, conscient et heureux d’être en vie. ci-joint: une photo avec ma mère et mes petits neveux.
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Association de malades atteints d'un lymphome ou cancer des ganglions, une forme de cancer du sang touchant certains globules blancs, les lymphocytes.
Agrément au niveau national d'association représentant les usagers dans les instances hospitalières ou de santé publique, par arrêté du 6 juin 2018 (JO du 15 juin 2018).

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