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 - Vaccins anti-covid-19 : ce qu’il faut savoir

Publiée le 15/01/2021

La campagne de vaccination contre la covid-19 a débuté en France depuis fin décembre. Voici une synthèse des informations importantes à connaître sur les vaccins actuellement disponibles (mise à jour le 18 janvier 2021). 

 

1. Principales caractéristiques des 2 premiers vaccins

 

Au 29 décembre dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comptabilisait 60 vaccins contre la covid-19 en phase d’évaluation clinique (c’est-à-dire évalué chez l’homme), dont 11 sont en phase III. Cela signifie que ces derniers sont évalués dans le cadre de vastes études visant à déterminer leur efficacité. 

Les vaccins aujourd’hui disponibles en France sont développés par l’alliance germano-américaine Pfizer/BioNtech et le laboratoire américain Moderna. Dans les 2 cas, ces vaccins reposent sur la technique de l’ARN messager (ARNm). Cela consiste à injecter une petite partie du matériel génétique du SARS-CoV-2. Cet ARNm va inciter l’organisme à produire des protéines spécifiques du virus. Le système immunitaire va ensuite réagir à la présence de ces protéines, qu’il va considérer comme étrangères, en produisant notamment des anticorps. En cas d’infection par le SARS-CoV-2, la réponse immunitaire est immédiatement prête à combattre le virus. 

Si des vaccins à ARNm sont étudiés depuis longtemps, ceux développés contre la covid-19 sont les premiers à avoir été évalués dans le cadre d’études de phase III.

Les vaccins de Pfizer/BioNtech et de Moderna nécessitent deux injections intramusculaires, respectivement à 21 et à 28 jours d’intervalle. Le premier présente l’inconvénient de devoir être conservé à très basse température (-72 °C) et 5 jours dans un réfrigérateur standard, alors que le vaccin de Moderna peut être conservé dans un congélateur standard (-20 °C) et 30 jours dans un réfrigérateur.

Le vaccin de Pfizer/BioNtech est appelé Comirnaty®, celui de Moderna a pour nom Vaccin Moderna COVID-19 mRNA. 

 

2. Les données d’efficacité et de tolérance actuellement connues

 

Les vaccins Comirnaty® et Moderna COVID-19 mRNA ont fait l’objet de publications dans des revues scientifiques.

  • Une efficacité élevée

Le vaccin Comirnaty® a été évalué chez 43 548 volontaires de plus de 16 ans. L’essai ayant évalué le vaccin Moderna COVID-19 mRNA a concerné 30 420 personnes de plus de 18 ans. Dans les deux cas, la moitié des volontaires a reçu le vaccin, l’autre un placebo.

Dans l’essai sur Comirnaty®, 8 cas de covid-19 ont été observés parmi les volontaires vaccinés par rapport à 162 cas parmi ceux ayant reçu le placebo. L’efficacité vaccinale est ainsi de 95 %. Cette efficacité semble similaire quels que soient l’âge (94,7 % d’efficacité chez les personnes de 65 ans ou plus), le sexe, l’indice de masse corporelle et la présence ou non de pathologies associées.

Dans l’essai sur le Moderna COVID-19 mRNA, des cas confirmés de covid-19 symptomatique ont été constatés chez 11 volontaires vaccinés et chez 185 de ceux ayant reçu le placebo. L’efficacité vaccinale est de 94,1 %. Cette efficacité apparaît meilleure chez les personnes de moins de 65 ans (95,6 %) que chez les personnes plus âgées (86,4 %). De même, elle est supérieure chez les volontaires qui ne présentent pas de facteurs de risque de forme sévère (95,1 %) par rapport à ceux présentant de tels facteurs (90,9 %). Mais que ce soit chez les personnes de plus de 65 ans ou celles présentant un facteur de risque, l’efficacité rapportée reste néanmoins bonne. Enfin, les résultats disponibles suggèrent que le vaccin serait efficace contre les formes sévères de covid-19, mais cela demande à être confirmé.

Il convient de noter que :

  • Les données disponibles ne permettent pas de conclure sur l’efficacité des deux vaccins chez les personnes âgées de plus de 75 ans, les effectifs inclus dans les essais étant trop faibles.
  • Le suivi dans les 2 essais est actuellement trop court pour connaître la durée de l’efficacité des vaccins évalués.
  • Les résultats de ces essais n’apportent pas d’information sur l’impact de la vaccination sur le risque de transmission du SARS-CoV-2 en cas d’infection, qui doit faire l’objet d’études ultérieures.

 

  • Des données de tolérance rassurante

La plupart des effets indésirables rapportés dans les deux essais étaient principalement des symptômes généraux (fatigue, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, frissons, fièvre) et des manifestations au site d’injection du vaccin (douleur au point d’injection principalement, rougeurs, œdème). Dans la plupart des cas, ces effets indésirables étaient d’intensité légère à modérée. Il s’agit de réactions classiquement observées après une vaccination.

Parmi les effets indésirables rares, on compte quelques cas de lymphadénopathie (augmentation du volume d’un ou de plusieurs ganglions) de courte durée, de paralysies du nerf facial et des réactions d’hypersensibilité. La seule contre-indication aux 2 vaccins est le fait d’avoir présenté une allergie grave lors d’une vaccination antérieure.

Il convient de noter que la durée courte du suivi (2 mois) ne permet pas à ce jour de connaître la tolérance à long terme des deux vaccins.

L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mis en place un dispositif de pharmacovigilance (surveillance et prévention du risque d'effet indésirable) renforcée dans le cadre de la campagne de vaccination contre la covid-19. Lors d’un point de situation communiqué le 14 janvier, l’ANSM a indiqué qu’à cette date 6 cas d’effets indésirables graves mais ayant évolué favorablement ont été observés en France depuis le lancement de la campagne de vaccination. Il s’agit de 4 cas de réactions allergiques et de 2 cas de tachycardie (accélération du rythme cardiaque). Par ailleurs, une trentaine d’effets indésirables non graves ont été signalés.

 

3. Un rapport bénéfice-risque favorable pour les personnes ayant ou ayant eu un lymphome

 

Les données actuellement disponibles sur l’efficacité et la tolérance des 2 vaccins chez les personnes atteintes de pathologies chroniques, de cancers et/ou présentant un déficit immunitaire sont très limitées. Ces vaccins n’ont pas pour le moment été étudiés spécifiquement chez les personnes ayant ou ayant eu un lymphome.

Il est fréquent que les personnes traitées pour un lymphome présentent un déficit immunitaire plus ou moins marqué et plus ou moins durable. Il est bien connu qu’un déficit de l’immunité peut entraîner une moins bonne efficacité des vaccins. Cependant, même avec une efficacité diminuée, les vaccins restent bénéfiques en cas de lymphome sous traitement. Cela a été bien démontré par exemple pour les vaccins contre la grippe et le pneumocoque.

Compte tenu de l’efficacité observée des vaccins actuellement disponibles et de leur bonne tolérance immédiate, la vaccination est fortement recommandée à toutes personnes ayant ou ayant eu un lymphome. Rappelons que les personnes atteintes d’un lymphome en cours de traitement et/ou présentant un déficit immunitaire ont un risque nettement supérieur à la population générale de faire une forme sévère de covid-19 en cas d’infection par le SARS-CoV-2.

 

4. Disponibilité actuelle des 2 vaccins en France

 

Comirnaty®, le vaccin de Pfizer/BioNtech a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle européenne le 21 décembre 2020, validée 2 jours plus tard par la Haute Autorité de Santé (HAS) en France. 300 millions de doses de ce vaccin ont été commandées par l’Union européenne (EU), qui répartit les doses en proportion de la population de chaque pays membre, soit 15 % du total pour la France. Le 8 janvier, la Commission européenne a annoncé avoir commandé 300 millions de doses supplémentaires. D’après une déclaration du ministre de la Santé, la France disposerait d’un million de doses au 6 janvier, 500 000 doses devant ensuite être reçues chaque semaine.

Le vaccin développé par Moderna a reçu de son côté une autorisation conditionnelle de mise sur le marché européenne le 6 janvier, validée par la HAS 2 jours plus tard. L’UE a commandé 160 millions de doses de ce vaccin. Le ministre de la Santé a annoncé que 100 000 doses de ce vaccin seront disponibles en janvier et 500 000 supplémentaires en février.

 

5. Un plan de vaccination mis à jour en temps réel en France

 

Le plan de vaccination adopté par le gouvernement français s’inspire — sans les reprendre totalement — des recommandations élaborées par la Haute Autorité de Santé (HAS) en novembre et décembre dernier. 

Initialement, le plan gouvernemental se déclinait en 3 phases selon une « stratégie de priorisation des populations à vacciner », définie pour tenir compte du facteur de risque que constitue l’âge et la situation de résident en EHPAD (un tiers des décès liés au covid-19 en France sont survenus dans ces établissements), ainsi que de la disponibilité progressive des doses de vaccins. Les critiques suscitées par le lent démarrage de la campagne de vaccination ont conduit le gouvernement à bousculer le calendrier initialement prévu. Davantage de personnes sont désormais considérées comme prioritaires, ainsi que le Premier ministre et le ministre de la Santé l’ont annoncé le 14 janvier.

 

Pour les personnes ayant ou ayant eu un lymphome, l’accès à la vaccination contre la covid-19 est ou sera possible selon le calendrier suivant :

  • À ce jour, il est possible de se faire vacciner si vous êtes une personne âgée résidant en établissement ou un professionnel travaillant dans un établissement de ce type et que vous présentez un risque de forme grave de covid-19 en raison de votre lymphome. La vaccination est également accessible si vous êtes un professionnel de la santé ou du médico-social, un pompier ou une aide à domicile de plus de 50 ans et/ou si vous présentez un risque de forme grave de covid-19 en raison de votre lymphome.
  • Depuis du 18 janvier, vous pourrez être vacciné si : 
    • Vous avez plus de 75 ans et vivez à domicile ;

    • Vous êtes en cours de traitement par chimiothérapie ;

    • Vous avez été traité par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques.

Dans les 2 derniers cas, une prescription médicale de votre médecin traitant est nécessaire.

  • À partir de février, vous pourrez être vacciné si vous êtes âgé de 65 à 74 ans. Le fait d’être atteint d’un lymphome devrait vous rendre prioritaire.

Les vaccinations ont lieu dans les centres de vaccination ouverts sur l’ensemble du territoire. La liste de ces centres (avec leurs coordonnées) est indiquée sur le site www.sante.fr.

Il est indispensable de prendre rendez-vous par téléphone ou en ligne (selon les centres) pour se faire vacciner.

La vaccination n’est pas obligatoire. Elle est gratuite pour tous.

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